917-1970 Expo au musée des 24 Heures du Mans

Le musée des 24 Heures du Mans (Sarthe) propose une exposition temporaire du 12 sept au 10 janvier 2021 autour de la Porsche 917. Voici dix-sept bonnes raisons de vous y rendre.

1/ Iconique

Dans le panthéon des autos de course, la Porsche 917 figure au sommet. Pour son palmarès, mais aussi pour son design harmonieux, racé, unique. Une véritable œuvre d’art. Même ceux qui n’aiment pas la « bagnole » pourront le dire : « Elle a de la gueule ! »

2/ Bestiale

Élaborée à la fin des années 60, la 917 fait appel à des technologies novatrices. Elle est notamment dotée d’un châssis tubulaire de seulement 47 kg. Le moteur 12 cylindres à plat qui anime la voiture est passé successivement de 4,5 litres à 4,9 puis 5,0 litres.

3/ Un pari fou de Ferdinand Piëch

Petit-fils du fondateur de Porsche, Ferdinand Piëch a porté le projet 917. Pour enfin gagner les 24 Heures du Mans, l’idée était d’homologuer la voiture dans la catégorie Voitures de Sport (non limitée en cylindrée mais soumise à un minimum de production afin de dissuader les constructeurs) et pas en prototype (catégorie dont les moteurs ne devaient pas dépasser les 3 litres de cylindrée). En 1969, le minimum à construire passant de 50 à 25 exemplaires, Piëch s’engouffre dans la faille. Toutes les énergies de la marque ont alors été tournées vers la 917, la mettant même en danger.

4/ Une mise au point difficile

Lors de ses premières sorties, la 917 est certes rapide mais aussi brutale, rétive voire dangereuse. Lors des 24 Heures 1969, aucune des trois voitures engagées ne verra l’arrivée. Domestiquée par l’équipe de l’ingénieur anglais John Wyer, la 917 restera une voiture difficile à piloter.

5/ La première victoire Porsche au Mans

En juin 1970 Hans Herreman et Richard Attwood emportent les 24 Heures au volant de la 917. C’est la première des 19 victoires de Porsche en Sarthe. Un record.

6/ Le proto de Steve McQueen

Pour les fans des 24 Heures, la Porsche 917 K est intimement associée au film Le Mans, avec Steve McQueen. Une partie du film a été tournée pendant l’édition 1970. Pour des questions d’assurances, l’acteur n’a pas eu l’opportunité de conduire la voiture pendant la course.

En Sarthe, le tournage a marqué les esprits. En octobre 1970, mille figurants manceaux étaient ainsi mobilisés pour une scène sur la ligne droite des stands.

7/ Une version « break » pour les Hunaudières

Pour améliorer encore les performances au Mans, Porsche a développé une version longue, dotée d’un aileron gigantesque. La 917 LH mesure 62 centimètres de plus que le modèle K ! Un choix aérodynamique destiné à briller dans la ligne droite des Hunaudières, où les pilotes flirteront avec les 400 km/h.

8/ Des décos extravagantes

Gulf, Martini, psychédélique, « cochon rose »… Au début des années 70, les designers avaient semble-t-il carte blanche. Ces décos participent à la légende de la 917. Au point de proposer une livrée rose pâle parcourue de pointillés rouges délimitant des zones où sont inscrites en allemand, côtelettes, queue, oreilles, jambon, bacon : les noms des morceaux d’un cochon à découper.

Choqué, le comte Rossi, propriétaire des spiritueux Martini a refusé que la marque apparaisse dessus… En 1971, la Pink Pig (cochon rose), pilotée par Reinhold Joest et Willi Kauhsen, n’a pas vu le drapeau à damier au Mans. Elle n’a pas été dépecée pour autant… et a trouvé refuge au Porsche Museum de Stuttgart.

9/ Records manceaux

En 1971, Helmut Marko et Giis Van Lennep remportent l’épreuve en bouclant 5 335 km sur deux tours d’horloge, à 222 km/h de moyenne. Un record qui ne sera battu qu’en 2010, par Audi.

Le 18 avril 1971, au volant Porsche 917 LH, Jackie Oliver effectue un tour de circuit record en 3’13’’6, à plus de 250 km/h de moyenne. Dans les Hunaudières, il a atteint 386 km/h.

10/ La seconde vie américaine de la 917

En 1972, le règlement du championnat du monde et du Mans interdit les moteurs de plus de trois litres. L’heure de la retraite pour le bolide ? Non. La 917 renaît en version Spyder et s’illustre sur les circuits américains et canadiens.

11/ Jusqu’à 1 200 chevaux

Une version équipée d’un moteur 16 cylindres de 1 200 CV a roulé en 1973 et en 1974, sur les circuits américains.

12/ Un retour inattendu au Mans

En 1981, la limitation de cylindrée est levée. Les préparateurs Manfred et Erwin Kremer tentent un pari fou : engager une 917 légèrement modernisée. Et c’est un fiasco, des performances décevantes et un abandon à la 8e heure, malgré la présence de Bob Wollek au volant.

13/ Une cote astronomique

Porsche a construit 65 exemplaires de la 917. En 2017, l’une des voitures utilisées pour le tournage du film Le Mans a été vendue 14 millions de dollars, soit 12 millions d’euros. Un autre châssis utilisé pour le film mythique est la propriété de l’acteur américain Jerry Seinfeld.

14/ Tout savoir sur l’épopée de la 917 : rendez-vous au musée !

La collection permanente du Musée des 24 Heures abrite une 917 LH qui a pris part à l’édition 1971. Il s’agit de la Gulf n°17 de Siffert et Bell. Elle sort d’une restauration qui lui a donné sa livrée d’origine. Pendant presque 50 ans, elle avait porté les couleurs Martini de la n°21…

Le musée manceau, situé aux portes de l’entrée principale du circuit, propose jusqu’en février 2021 une magnifique exposition temporaire « 917 Made for Le Mans » qui rend hommage au bolide allemand.

15/ D’authentiques 917 homologuées pour la route

Un collectionneur monégasque a réussi à faire homologuer, dans la principauté, son authentique 917 (châssis 37). Depuis 2018, il peut rouler sur route ouverte et profiter des 600 CV de l’engin…

Le comte Rossi, propriétaire de la marque de spiritueux Martini, possédait aussi une 917 « pour la vie de tous les jours ». Elle est visible au coeur de l’expo du Musée des 24 Heures.

16/ Des répliques construites en Afrique du Sud

Un constructeur sud-africain propose des répliques de la 917, dotées de pièces comme le moteur issu de Porsche modernes. Pour frimer avec cette « fausse 917 », comptez tout de même 170 000 €. Bailey fabrique aussi des répliques de GT40 ou de Ferrari P4.

17/ La voir rouler (et l’entendre…), c’est possible ?

Les compétitions historiques accueillent quelques modèles encore en état de rouler. Le must est d’assister à Le Mans Classic – prochaine édition en juillet 2021 – pour voir la 917 rugir encore sur la piste de ses exploits passés.

Bertrand JEANJEAN.   Ouest-France  

Artcurial vend des histoires comme on les aime

ENCHÈRES – Lors de sa vente automnale du 1er novembre, la maison française crée la surprise avec de nouvelles sorties de grange.

Le roadster AC Bristol de 1960.
Le roadster AC Bristol de 1960. Rémi Dargegen

Les sorties de grange, ces voitures oubliées depuis des lustres dans des granges ou sous des appentis, le monde de la collection en raffole. Elles sont souvent le reflet d’une histoire singulière. Et de se souvenir de la collection Baillon dispersée en février 2015 par la maison d’enchères parisienne Artcurial à l’occasion du salon Rétromobile. Ou encore d’une Ferrari 250 GT Cabriolet exhumée d’un box marseillais en 2013 toujours par Artcurial. La source des sorties de grange ne semble jamais devoir se tarir. C’est ainsi que lors de sa traditionnelle vente automnale, le 1er novembre prochain, le département Motorcars de la maison du rond-point des Champs-Elysées sortira une nouvelle fois de l’ombre une voiture dont l’histoire n’a pas fini de faire fantasmer. Le véhicule en question n’est rien moins qu’une AC Bristol. Le roadster anglais de sport du début des années 1960.

L’histoire de l’exemplaire de la vente mérite d’être contée. Dans son jus, l’anglaise n’a connu que deux propriétaires, deux meilleurs amis, un certain Guerineau et Marcel Perier. Cela va sans doute en faire sourire plus d’un mais le parcours de l’acquisition de l’AC Bristol auprès d’André Chardonnet, importateur de la marque à l’époque, part d’un jeu-concours organisé par le journal Ouest-France. Représentant de commerce, Marcel Perier trouve les réponses et les donne à son ami professeur de sciences physiques et chimie à Rennes qui rafle les dix premiers prix en utilisant des prête-noms. Il s’empresse de revendre l’ensemble des lots pour s’offrir l’objet de ses rêves: un roadster AC Bristol ACE équipé de freins à disques à l’avant et d’un volant sport. En 1971, pour remercier son ami Marcel, le professeur de sciences lui cède le bolide rouge à un prix symbolique. Marcel Perier l’a toujours conservé, ne l’utilisant que très peu. Le roadster n’a parcouru que 18 000 km depuis sa sortie de l’usine. Il n’a jamais été restauré, juste entretenu et possède encore sa peinture d’origine. La femme de Marcel Perier n’appréciant guère les voyages en cabriolet, la Bristol a passé la plus grande partie de son existence dans une remise, à côté d’un pigeonnier, derrière le potager de sa maison familiale de Laval. Un dossier complet intégrant le bon de commande, la facture d’achat, de nombreux courriers et les opérations d’entretien accompagne le véhicule. Ce roadster est estimé entre 300 000 et 500 000 euros.

La collection d’Hubert André.
La collection d’Hubert André. Artcurial

Le catalogue de la vente «Automobiles sur les Champs» comprend également une belle sélection de voitures de luxe et de sport de toutes les époques. C’est ainsi qu’Artcurial a été choisi pour disperser la collection d’Hubert André, un parisien amateur de curiosités, comptant notamment une De Tomaso Pantera GTS de 1973, un Range Rover V8 de première génération entièrement restauré mais également un tricycle Bond Bug de 1973 à moteur Yamaha de 1000cc.

Bonhams : les résultats de Philadelphie

Cinquante-neuf véhicules de prestige et de collection et autant de lots enregistrés dans la catégorie Automobilia, étaient proposés aux plus offrant lors de la vente Bonhams organisée ce 11 octobre dans le cadre du Simeone Foundation Automotive Museum de Philadelphie, aux États-Unis.

Un plateau de véhicules hétéroclite composé en majeure partie de modèles américains, était réuni pour ce meeting de Philadelphie qui s’est achevé sur un résultat global (automobilia compris) de 3 302 664 $ (2 791 430 €), avec 66 % des lots vendus pour la seule section automobile.

Trente-neuf véhicules ont en effet trouvé acquéreur lors de cette vente Bonhams, à commencer par un superbe exemplaire de la Bentley 8.0 litres Tourer de 1931, un modèle carrossé par Swallow Coachbuilding Co. pour lequel un collectionneur a dépensé 885 000 $ (750 317 €), soit la meilleure vente du jour.

Deux autres véhicules produits durant l’entre deux guerres se sont également illustrés à Philadelphie, à savoir une vénérable Mercedes-Benz 290 Cabriolet A de 1935 carrossée par Sindelfingen, qui réserve un conséquent travail de restauration à son nouveau propriétaire (véhicule vendu 362 500 $ – 307 333 €), et une Lagonda M45 T8 Tourer de 1934 appartenant à la même famille depuis 1967, pour laquelle le nouveau acquéreur a dépensé 179 200 $ (151 928 €).

Dans la catégorie des belles américaines enfin, on notera la vente d’une Oldsmobile 442 W30 Coupé de 1971 pour 78 400 $ (66 468 €), d’une Oldsmobile 442 W25 Cabriolet de 1970 pour 71 680 $ (60 771 €), mais aussi et surtout celle d’une Ford Mustang Boss 429 ayant couvert moins de 3 500 miles (5 632 km) depuis sa sortie d’usine en 1969. Cette dernière a été adjugée 346 000 $ (293 344 €).

Photo : Bentley 8.0 litres Tourer 1931 – Crédit : Bonhams

Samuel Morand le 13/10/2020